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    N°35 est un bébé de deux jours. 

    Son cordon ombilical est encore attaché, son pelage est encore recouvert des fluides d’accouchement, ses yeux encore flous, ses jambes tremblotantes. Il pleure pitoyablement pour sa mère. Personne ne répond. Il vivra sa courte vie en tant qu’orphelin, sa seule expérience d’amour maternel sera celle de se languir de sa mère, sa seule expérience de connexion émotionnelle, celle de l’absence.

    Bientôt, le souvenir de sa mère, de son visage, sa voix, sa senteur auront fané, mais la douloureuse et irrépressible aspiration à sa chaleur sera toujours là.

    A l’âge de quatre mois, lui et les autres orphelins comme lui seront entassés dans des camions et amenés à l’abattoir. Même traîné sur le sol de l’abattoir, il sera toujours en train de chercher sa mère, désirant toujours désespérément sa présence encourageante, surtout dans ces moments sombres où il sera effrayé et aura besoin d’elle plus que jamais, au milieu des visions d’horreur, des bruits et des odeurs de la mort autour de lui.

    Dans sa détresse, dans sa recherche d’un peu de consolation et de protection, lui, comme la plupart des petits veaux, va essayer de téter les doigts de son tueur.

    Lui est le visage du "veau rosé" que les "patrons de restaurants responsables" sont encouragés à proposer à leur menu.

     


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