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Un peu de tout et plus encore...

Coeur de loup - Episode 56

 

A la fin du mois de février, Thilde reçu une lettre. Mais à son grand désarroi elle ne put que constater que c’était sa propre lettre qui revenait, le destinataire n’habitant plus à l’adresse mentionnée. Elle pleura ce jour là toutes les larmes de son corps, maudissant le sort qui s’acharnait à vouloir l’éloigner toujours plus de Lukas, toujours ignorant qu’il sera bientôt père.

Louis le maigre ne disait plus rien mais n’en pensait pas moins… Si sa fille l’avait écouté… la famille ne serait pas obligée d’accueillir un bâtard ! Sa mère quant à elle faisait son possible pour la réconforter, mais elle commençait à douter sérieusement de l’avenir.

Chez l’Adèle non plus on n’avait pas de nouvelles.

 

Blog de lukasloup : Lukas, coeur de loup, Episode 56

 

Une nuit de mars le village des Forges connut un beau remue-ménage.

Clothilde, la fille de Louis le maigre s’apprêtait à mettre son enfant au monde, avec près d’un mois d’avance. Quelques femmes expérimentées furent sollicitées pour apporter leur aide et à l’aube la Vie poussa un premier cri au moment où le soleil déchirait les lambeaux de brume sur les champs. Quelques minutes plus tard, un deuxième cri retentit dans la chambre de Thilde, épuisée mais heureuse, serrant la main de sa mère en pleurs. Lucie et Luca étaient nés, tout petits mais en parfaite santé. Le bonheur en double exemplaire.

Louis le maigre ne sut rien dire d’autre que :

"Pauvres de nous…" en levant les bras au ciel.

 

Blog de lukasloup : Lukas, coeur de loup, Episode 56

 

 

Quand enfin Thilde  serra ses petits contre elle à l’abri dans ses bras, elle pensa à Lukas et murmura à l’oreille de ses enfants des mots secrets que sa mère ne put entendre. Elle crut cependant déceler l’esquisse d’un sourire sur le visage de l’un d’eux. Lucie ou Luca ? elle n’aurait pas su le dire…

 

 

~~~o~~~

Quelques semaines après la naissance de ses deux petits-enfants le père Gervais mourut dans d’effroyables souffrances, emporté par cette sale maladie qui rongeait ses poumons et sa bouche devenue une plaie béante. Depuis le départ de Lukas, il n’avait plus jamais prononcé son prénom, ni manifesté le moindre remord. Il n’exprima pas non plus le désir de voir les jumeaux.

 

L’Adèle retrouva la parole et le goût à la vie. Elle raconta à ses trois fils la véritable histoire de Lukas, le don qu’il avait et son secret concernant les animaux, en particulier avec les loups, et pourquoi il avait été chassé du village par le père. Elle continua à leur parler de lui afin qu’ils ne l’oublient jamais.

Elle était sûre qu’un jour il reviendrait, alors ils y croyaient aussi et l’attendaient.

Elle engagea un jeune paysan d’un village voisin afin de l’aider dans les travaux de la ferme, dernier fils d’une famille nombreuse qui disposait de suffisamment de bras pour pouvoir louer les siens.

Thilde lui rendait visite le plus souvent possible, et Adèle montait plusieurs fois par semaine voir Lucie et Luca. Elle assista à leurs premiers pas près du puits un soir de printemps et versa une larme le jour où elle entendit Luca prononcer le mot ‘papa’.

Pas un jour ne s’écoulait sans que Clothilde ne leur parle de leur père, car dans le secret de son cœur, elle espérait toujours son retour et priait chaque soir pour qu’il revienne.

 

 

 

 

Un soir de veillée chez le Raoul, les villageois constatèrent qu’ils n’avaient pas revu la vieille Jeanne depuis des semaines, qu’elle avait en quelque sorte disparut du paysage. Certains d’entre eux se rendirent aux bois des Groppes pour en avoir le cœur net, mais trouvèrent la porte close derrière des herbes de presque la hauteur d’un homme.

S’ils avaient pu questionner les oiseaux, ceux-ci leur auraient raconté qu’un beau matin la Jeanne avait fermé sa maison à double tour, caché la clé sous une pierre de la première marche effondrée avant de se diriger vers les anciennes mines d’or, afin d’y cueillir le repos éternel, parce qu’elle avait décidé elle même que c’était le jour et l’heure.

 

 

Et le temps se déroula, patient, apportant à chaque jour ses petits cadeaux ou son lot d’épreuves, mêlant les heures de chagrin et de grande joie, alternant les instants de doute et les moments d’espoir.

Des jours toujours renouvelés, ces jours qui s’écoulent et s’évanouissent un à un dans le sablier de la vie.

 

 

 

 

 

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